Jean Arthuis réunissait samedi les 5 fédérations départementales « Alliance centriste » de la région. Il avait également invité MoDem et Nouveau Centre.
Ma première grande satisfaction fut de voir que nombre d’entre eux avaient répondu à notre invitation. 4 présidents de fédérations MoDem étaient là ainsi que plusieurs jeunes démocrates. Le Nouveau Centre aussi était présent, notamment ses délégués départementaux. C’est la première fois que je voyais ainsi réunis en Pays de la Loire la famille centriste depuis la césure de 2007.
Au même moment, Roselyne Bachelot réunissait, à quelques dizaines de kilomètres de là, les élus de la majorité présidentielle. Réunion à laquelle participaient les conseillers régionaux Nouveau Centre des Pays de la Loire.
Au cours de la matinée, Jean Arthuis souligna les difficultés du centre à exister dans la vie politique du fait de ses divisions et insista sur la nécessité du rassemblement, rappelant les initiatives prises en ce sens depuis juin 2008.
Un échange de vues s’instaura alors au cours duquel chacun put prendre la parole et exprimer ses attentes.
Le sénateur (Nouveau Centre) Christian Gaudin intervint pour en appeler à l’union avec l’UMP dès le 1er tour pour ne pas être accusé comme en 2004 d’avoir fait perdre la région.
Jean Arthuis fit remarquer à juste titre que, cette année là, des régions où l’union avait été la règle dès le 1er tour n’échappèrent pas à la défaite.
Le président du MoDem angevin, Laurent Gérault, mit en évidence l’obsolescence du clivage gauche/droite en réponse aux défis du temps présent : crise du capitalisme, crise écologique, nécessité de penser un nouveau modèle de développement.
Louis-Marie Bachelot, secrétaire général d’Alternative libérale, proposa aux centristes de faire de la fuite en avant des dépenses publiques un axe fort de notre projet à l’heure où le gouvernement lance un grand emprunt national et Jacques Auxiette un grand emprunt régional.
Un autre élu MoDem d’Angers est intervenu pour suggérer une large réflexion sur l’évolution sociologique de la région. Nous ne pouvons en rester à l’image d’Epinal de l’électorat traditionnel de l’UDF sur les terres centristes. Il serait bon d’analyser les attentes de celles et ceux qui ont voté en masse pour François Bayrou à la présidentielle.
Autres interventions remarquées, celles de 3 conseillères régionales du groupe centriste : Josette Settelen et France Réveillère du MoDem, et Elisabeth Doineau de l’Alliance centriste.
Josette Settelen a souligné que, malgré les tumultes politiques au centre, les élus du groupe centriste avaient su préserver leur unité et leur capacité à travailler en commun. Elle a insisté sur le fait que le groupe avait su préserver son indépendance, oeuvrant de manière constructive, soutenant ce qui allait dans le bon sens et s’opposant en cas de désaccord ou s’abstenant en l’absence d’informations complémentaires. Les élus de l’opposition découvrant bien souvent le détail des projets soumis au vote au dernier moment.
France Réveillère a formulé l’exigence de disponibilité et de présence des élus. Selon elle, un point fort de Jacques Auxiette aura été son omniprésence. Ne pas avoir de mandat national fut un atout pour lui.
Il convient aussi, au vu de leur expérience, d’avoir des élus dans chaque commission afin de couvrir l’ensemble de la politique régionale.
Au cours de l’après-midi, Jean Arthuis a présenté un programme de travail, se déclinant autour des compétences majeures de la région que sont :
- la formation professionnelle
- le développement économique et les pôles d’excellence
- l’enseignement supérieur et la recherche
- les transports et infrastructures (avec une large réflexion sur le projet d’aéroport)
- ainsi que la coordination de l’offre de soins
- la culture et les sports...
Mais comme l’a fait remarquer Jean Arthuis, nous devrons nous orienter résolument vers une limitation et une clarification des compétences de la région. Il n’est plus possible de continuer ainsi à intervenir partout. Ce n’est un facteur ni de responsabilité, ni d’efficacité.
En fin de réunion, Jean Arthuis a proposé d’organiser d’ici la mi-novembre un travail de fond sur le projet, dans chaque département et au sein de chaque commission ainsi constituée. Il a demandé des volontaires pour piloter ces travaux dans les fédérations.
Loïc Bardin, conseiller municipal à La Flèche, pilotera ce comité en Sarthe.
Laurent Gérault a réservé sa réponse. Lui et les responsables MoDem sont favorables à cette initiative de Jean Arthuis mais ils doivent reccueillir l’approbation des militants lors de leur convention régionale samedi prochain. Olivier Deschanel, le président du MoDem 44, qui a rencontré François Bayrou la semaine dernière, nous a dit que Bayrou n’était pas contre un tel rassemblement centriste.
Peu avant 16h, alors qu’une perspective historique se dessinait, à la proposition de Laurent Gérault de confier aux conseillers régionaux sortants le pilotage des commissions, la réponse des élus Nouveau Centre, revenus de la réunion qu’organisait en même temps Roselyne Bachelot non loin de là, fut sans appel. Les conseillers régionaux NC du groupe centriste partiront sur une liste d’union avec l’UMP dès le 1er tour.
Au cours de la journée, d’autres débats ont animé les discussions, notamment le positionnement du MoDem et son orientation à venir. J’ai pu en discuter le midi avec Waltraud Esnée, la présidente du MoDem 72. Les incertitudes sont loin d’être levées et Waltraud n’a pas caché que bien souvent le rôle du président de fédération se limite à entériner des décisions prises en comité restreint.
Loïc Bardin les a exhorté à clarifier leur choix d’alliance et à ne pas transformer l’indépendance en isolement. Un certain nombre d'élus MoDem l’ayant été aux municipales avec le soutien de l’UMP.
A l’issue de ces échanges, plusieurs observations et des questions en suspens :
* La présence de responsables MoDem à notre réunion prouve qu’ils sont nombreux à souhaiter que le MoDem reste au centre et qu’il ne se perde pas à gauche.
* La refondation de la famille centriste est-ce le rassemblement des centristes depuis la césure de 2007 ou depuis l’hémorragie de 2002, voire les défections de 1998 ?
Mon avis personnel est qu’au sein de l’UMP il y a de nombreux centristes de valeur, Pierre Méhaignerie par exemple. Ou encore d’anciens députés UDF de notre région, comme Hervé de Charette dont la voix est trop peu entendue.
Je sais, pour en avoir été membre, que derrière les apparences, des divergences existent au sein du parti présidentiel et que nombre de parlementaires partagent nos réserves et notre vision des choses.
* Devons-nous passer sous silence la question des alliances au second tour ? Nous militons à l’Alliance centriste pour des alliances dans la clarté. Nous avons critiqué en 2008 le choix de François Bayrou de laisser chacun faire à sa guise, tant les incohérences étaient nombreuses et le positionnement du MoDem illisible, donnant le sentiment d’un centre opportuniste. A Angers par exemple, nous avons vu des candidats MoDem élus dans l’opposition et d’autres dans la majorité.
Depuis François Bayrou a annoncé « une stratégie nationale cohérente ». Il a aussi dit que le MoDem ne pouvait à lui seul prétendre réunir une majorité, reconnaissant ainsi le besoin en politique de nouer des alliances, de travailler avec des partenaires et de négocier des compromis.
Il a cependant exclu toute alliance avec l’UMP, comme il avait exclu en 2007 de voter pour Nicolas Sarkozy, sans pour autant exclure toute alliance avec la gauche. Difficile dans ces conditions de se présenter comme un leader centriste, apte à discerner le bon du moins bon, et de ne pas apparaître comme une figure de l’opposition destinée à s’allier aux autres forces d’opposition. Or, une part de l’électorat de François Bayrou (estimée à 40%) s’est portée vers le vote Sarkozy et plusieurs élus MoDem l’ont été avec le soutien du parti présidentiel.
Dès lors la question se pose aux responsables MoDem : vont-ils cesser toute collaboration avec l’UMP (notamment dans certains conseils municipaux de la région) ? envisagent-ils de s’allier à la gauche puisque François Bayrou admet que le MoDem ne peut prétendre avoir la majorité à lui seul ? ou bien feront-ils le choix de ne s’allier ni à l’UMP ni au PS, acceptant de fait la forte probabilité de n’exercer aucune responsabilité dans l’exécutif des régions ?
Ces questions sont d’autant plus importantes que la vocation du centre ne se limite pas à exister électoralement. En politique, on s’engage pour des idées, des convictions, pour défendre des valeurs, pour porter un projet de société, mais avec la volonté de pouvoir agir, de pouvoir changer les choses, de pouvoir mettre en œuvre les idées auxquelles on croit. Ce qu’attendent de nous les électeurs c’est bien évidemment de faire entendre leur voix, leurs attentes et leurs inquiétudes, mais c’est aussi et surtout de pouvoir améliorer leur quotidien, résoudre leurs problèmes et réparer les injustices. Pour cela, il faut des élus. Mieux, des élus en responsabilité.
* Si le choix de participer à la constitution d’une majorité est fait, il est légitime de se poser quelques questions :
- faut-il y travailler dès maintenant ou attendre le soir du 1er tour pour nouer une alliance ?
- faut-il que chacun travaille à l’élaboration de son projet ou faut-il constituer des groupes de travail réunissant l’ensemble des partis constitutifs d’une majorité de projet ?
- faut-il participer à la constitution d’une liste pluraliste dès maintenant, en assurant une juste représentation du centre (pas seulement au conseil mais aussi dans les commissions et dans les fonctions exécutives), ou bien attendre le second tour pour fusionner les listes et négocier à ce moment-là une juste place du centre ?
* Concernant la tête de liste, est-ce que le remplacement de Roselyne Bachelot par Christophe Béchu changerait la donne ?
Le fait d’avoir une candidate ministre avec qui les centristes ont des divergences sur la politique de santé, voire des désaccords (sur les franchises médicales par exemple), ou d’avoir un jeune candidat, issu de l’UDF, ayant fait la preuve à Angers de sa capacité d’ouverture et de rassemblement autour d’un projet d’une majorité plurielle avec un partenaire centriste considéré à parité modifierait-il le contexte ?
Par ailleurs, ne devrions-nous pas formuler l’exigence d’un président de région n’exerçant aucune autre responsabilité exécutive et aucun mandat national ?
* Si le rassemblement des centristes, à l’initiative de Jean Arthuis, se confirme et que les militants MoDem valident la participation de leur parti à cette union électorale, aurons-nous la certitude que les instances nationales du MoDem ratifieront ce choix ? et est-ce à dire dans ce cas que la « stratégie nationale cohérente » voulue par le MoDem ouvrirait la voie à des unions de la même teneur dans les autres régions ?
Quant au Nouveau Centre, si ses conseillers régionaux sortants participent à une liste d’union avec l’UMP dès le 1er tour, quelle sera la position officielle du Nouveau Centre ? Les délégués NC qui s’associent à notre rassemblement pourront-ils se prévaloir de l’investiture du Nouveau Centre ?
En conclusion, la réunion d’hier ouvre la voie au rassemblement des centristes. Le projet de l’Alliance centriste se trouve ainsi en mesure d’être réalité, au moins dans les Pays de la Loire : le rassemblement de la famille centriste, du MoDem au Nouveau Centre.
Reste un défi de taille : comment éviter le clash entre démocrates qui refusent toute alliance avec l’UMP et centristes qui la considèrent comme un partenaire d’une majorité de projet ?
En faisant un pas l’un vers l’autre ? En demandant au Nouveau Centre de donner des gages d’indépendance vis-à-vis de l’UMP et au MoDem de revenir à une position plus centriste en cessant de se confondre avec l’opposition (sans pour autant se joindre à la majorité) ?
En se fixant l’objectif de créer un groupe centriste dont la liberté de vote et d’expression sera totale ?
C’est à toutes ces questions que nous devrons répondre dans les prochaines semaines. Discutons-en ensemble, en toute franchise, dans le respect de nos convictions mais avec le souci d’avancer, d’accepter des compromis, de faire un pas vers l’autre, de créer les conditions du rassemblement et de la capacité du centre à agir.













































JEAN ARTHUIS, président de la commission des finances du Sénat, veut, lui
aussi,
Dans les rangs du MoDem, une voix discordante s'est élevée, celle
de Corinne Lepage co-fondatrice du parti.
François Zocchetto, vous êtes – je le rappelle –
"Répondant à l’invitation d’Hervé Morin, je me suis rendu à l’université d’été du
Nouveau Centre, samedi 29 août, à Agen. Ma visite avait un double objet : d’abord 





