Vous voilà «préférée des Français». Pour quelles raisons, selon vous ?La question des droits de l'homme est importante pour les Français. Leur soutien est inestimable. Mais je crois aujourd'hui qu'il est plus important de se préoccuper des souffrances provoquées par la crise et de se demander comment un retour aux valeurs de justice peut nous aider à l'affronter.
Vous semblez avoir une idée assez précise de ce que doit être votre trajectoire politique. Pourquoi ne passe-t-elle pas par Strasbourg ?
Ce pays qui m'a accueilli, je veux le servir en étant le plus proche possible des gens. Après les élections municipales à Colombes, je voulais m'engager pour les régionales. C'est une grande joie d'être porte-parole de Valérie Pécresse en Ile-de-France. Ce duo de jeunes femmes à l'assaut de la forteresse Huchon, c'est formidable, non ?
Voulez-vous devenir élue régionale ?
Oui, si possible. J'aimerais bien être sur la liste UMP en position éligible, dans les Hauts-de-Seine. Conseillère régionale, ça me va, c'est un bon début.
Et la suite ? Députée, sénatrice ?
C'est un honneur d'être parlementaire. Je crois que dans la vie politique française, c'est un passage obligé. Où ? Quand ? Nous verrons bien. Je ne sais pas encore et cela ne dépend pas que de moi. Et, puis, je le répète, je trouve gênant de parler de ça alors que nous avons aujourd'hui des défis collectifs à relever.
Vous avez brûlé les étapes. Vous le fait-on payer ?
On devrait juger les gens sur leur mérite et non sur leur ancienneté dans le système. Mais j'ai observé en politique que les gens comptent moins sur leur talent que sur l'élimination consciencieuse des autres pour avancer.
Vous dites que vous n'êtes «pas là pour colorer la photo». Mais c'est pourtant bien pour refléter la diversité que Nicolas Sarkozy vous a choisie ?
Je ne le crois pas, mais cela dit, la diversité n'empêche pas la compétence. Et c'est lassant de devoir s'en justifier chaque jour. Je ne me réveille pas tous les matins en me disant que je suis noire.
Vous voulez fonder votre propre club. Dans quel but ?
Au-delà de la question de la diversité, je veux trouver un terrain d'exploration de nouvelles idées pour ma génération. C'est toujours celle issue de Mai 68 qui fait le débat public en France. La jeunesse française doit aussi être représentée, pour dire comment elle voit la France de demain. Pensez qu'aux Etats-Unis, Obama était un inconnu il y a huit ans. En France, il faut trente ans de vie politique et trois traversées du désert avant de percer. Il faut plus de fluidité dans les élites.
Vous n'êtes française que depuis une quinzaine d'années. Avez-vous connu les problèmes d'intégration comme beaucoup de jeunes issus de l'immigration ?
Je connaissais la France avant d'en fouler le sol. Je suis née dans un pays francophone, fille de prof, éduquée dans une école catholique. Venant d'aussi loin, immigrée de la première génération, j'ai toujours su que je devais conquérir mes droits et qu'avant d'être française, je n'avais que des devoirs. Pour les jeunes nés en France, ces droits devraient être naturels. Ils se sentent minoritaires dans leur propre pays et ne comprennent pas pourquoi, d'où leur malaise.
Vous avez affiché dans votre bureau le discours, en 1948, du Guyanais Gaston Monnerville, président du Sénat, pour le centenaire de l'abolition de l'esclavage. Pourquoi ?
Pour montrer que les Français, contrairement aux élites, ne sont pas des conservateurs. Qu'il y a déjà eu des Obama en France et que cela donne à espérer. Aujourd'hui, on trouve extraordinaire qu'un jeune Noir intègre Normale Sup. Mais ça a toujours existé. Souvenez-vous des intellectuels afro-américains, dans les années 50, qui venaient se réfugier à Paris parce que chez eux ils ne pouvaient pas monter dans les mêmes bus que les Blancs.
Cinq années d'emprisonnement pour toute personne ayant facilité le séjour irrégulier de clandestins. Etes-vous d'accord ?
La solidarité n'est pas un délit. Eric Besson l'a confirmé. Dont acte. Il faut veiller à ce que les gens ne se retrouvent pas en prison, juste parce que, par générosité, ils ont voulu aider. Ne pas avoir de papiers n'est pas une indignité. Et la dignité humaine, c'est ce qui doit rester, même quand il n'y a plus rien.
Le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy ne procédait-il pas d'une vision passéiste de l'Histoire ?
L'Afrique a une histoire, qui n'a rien à envier aux autres continents ! L'Africain n'est ni un barbare à éduquer ni une victime à sauver. Nicolas Sarkozy n'avait pas l'intention de blesser et les accusations portées contre lui l'ont touché. Dans ce discours, il dit aussi à la jeunesse africaine que la France l'accompagnera sur le chemin de la liberté, du droit, de la justice et de la solidarité, il faut le prendre au mot.
Faut-il une repentance ?
Sur la colonisation il faudrait commencer par enseigner l'histoire. Si on rendait par exemple un hommage visible aux tirailleurs sénégalais qui sont morts pour la France, je crois qu'on panserait beaucoup de plaies, sans autoflagellation. Le plus grave reste la traite négrière. L'asservissement, la déportation vers d'autres terres. C'est énorme. Est-ce que je peux aimer un pays qui a pratiqué la traite ? Quand je deviens française, à l'âge de 18 ans, je me pose cette question, comme beaucoup de jeunes aujourd'hui. Mais il faut accepter l'histoire d'un pays, avec ses ombres et ses lumières, dépasser les rancœurs, pour construire une France plurielle, à l'image de la société actuelle.
Après avoir insisté pour que s'ouvre un dialogue entre le dalaï-lama et Pékin, Paris bannit aujourd'hui toute ingérence. Pourquoi ce revirement ?
Il n'y a rien de nouveau. Depuis le général de Gaulle, nous avons dit que le Tibet fait partie de la Chine. Cela ne nous empêche pas de recevoir le dalaï-lama s'il le souhaite. Il est le bienvenu.
N'êtes-vous pas rentrée dans le rang ?
Je ne servirais à rien si je tenais des positions alignées sur la realpolitik. Et certains ne manqueraient pas de le reprocher au président de la République. Mais je ne suis pas irresponsable : je sais que nous avons des intérêts économiques à préserver. Il faut juste trouver un équilibre, à la hauteur du rang de la France dans le monde.













































Le G20 a tenu ses promesses. Je m'en réjouis en attendant
PARIS (AFP) - François Sauvadet, chef de file des députés Nouveau Centre (NC), a
annoncé mardi que
Avant même qu'ils se réunissent à Londres, le 2 avril, les dirigeants du G20
avaient obtenu un résultat majeur et historique :
PARIS (AFP) - Le ministre de l'Economie Christine Lagarde a déclaré
dimanche que le gouvernement allait faire en sorte que l'amendement du Parlement prévoyant un durcissement de l'encadrement des rémunérations des patrons des sociétés aidées par l'Etat soit "bien
mis en oeuvre".





